Une légende.

Il était une fois, dans un temple de Birmanie, un chat nommé
Sinh. Comme tous les chats du lieu, il était entièrement
blanc, et comme chacun d’eux il était compagnon de sagesse
d’un moine du temple adorateur de la déesse Tsu Kyan Ksé.
Mun-Ha le moine de Sinh était le plus agé de tous, sa
chevelure blanche et sa barbe dorée auguraient de sa fidélité
à la déesse et bien que la barbe ne fît pas le philosophe,
grande était sa clairvoyance. Sinh ne quittait jamais le vieux
maître, l’accompagnant tout le long du jour dans ses activités
et ses méditations.
Ce soir là, face à la déesse, Mun-Ha priait. Tout
à coup, au temple de Lao Tsun , la violence interrompit le recueillement.
Une bande de brigands fit irruption attaquant la paisible confrérie.
Un coup fut porté à Mun-Ha qui s’effondra. Sinh
le chat bondit alors sur la tête de son maître, fixant les
yeux saphir de la déesse, sifflant et crachant avec tant de fureur
que les assaillants reculèrent. Accourus, les autres fidèles
les mirent en fuite.
Sinh restait immobile, fixant la déesse, l’implorant de
lui rendre son compagnon de maître. C’est alors que le miracle
se produit, illuminant le corps du félin d’une ombre d’or
et noyant ses yeux d’un bleu profond, Tsu Kyan Ksé réunit
l’âme du vieux sage à celle de son chat. Sinh s’éloigna,
son corps était désormais ombré d’or et seules
les extrémités de ses pattes enfouies dans la chevelure
de son vieux maître restaient immaculées, signant ainsi
la complicité indéfectible, au bout de cette vie partagée.
Le temple retrouva la paix.
Sinh le chat errait inconsolable.
Au bout de sept jours et sept nuits, il mourut emportant avec lui l’âme
parfaite de Mun-Ha dans un paradis éternel.
Au même instant, dorée devint la fourrure de tous les chats
du temple et bleu leur regard, petits bouts de pattes immaculés,
pour chats désormais sacrés, cheminant à jamais
avec sagesse et complicité, emportant dans l’éternité
l’âme partagée.

Tous les chats n'ont pas leur légende, allez
savoir pourquoi celui-là ??
Plusieurs versions existent bien sur, en voilà
une cuisinée à ma p'tite sauce. "En vrai" comme
on dit dans les cours de récré c'est une autre histoire,
on la racontera une autre fois !

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